Transport nucléocytoplasmique et intranucléaire des virus et médiateurs de l’immunité

Les virus qui se répliquent dans le noyau (comme le VIH et le virus de la grippe) dépendent du complexe du pore nucléaire (« Nuclear pore complex », ou NPC) et de l’architecture nucléaire pour la réplication de leur génome, qui peut persister dans le noyau cellulaire sous forme de cassette intégrée dans la chromatine, d’épisomes ou d’entités génomiques complexes.

Les NPC peuvent favoriser la réplication virale en offrant un micro-environnement riche en nucléotides, en composants de la machinerie SUMO (comme RanBP2, RanGAP1, Ubc9, SENP2), ainsi qu’un réseau hautement connecté avec le cytosquelette et l’architecture nucléaire. Toutefois, les NPC sont également des modulateurs clés dans la réponse antivirale, puisqu’ils régulent l’import de facteurs de transcription de l’immunité innée (les protéines IRF ou NF-κB, notamment) et de facteurs antiviraux (comme TRIM5α) ainsi que l’export de transcrits codant pour des cytokines (par exemple l’ARNm de l’IL-6). De même, des organelles sans membrane du noyau tels que les corps nucléaires de PML (PML-NB) peuvent contrôler l’expression du génome viral et l’établissement de la latence, mais constituent également un point névralgique de la défense antivirale.

C’est la nature centrale des NPC et d’autres structures nucléaires dans la réplication virale et l’immunité innée qui anime nos projets de recherche.

Projet 1 : Transport du VIH vers le noyau et translocation nucléaire. Depuis plusieurs années, notre équipe étudie en profondeur les mécanismes qui sous-tendent l’import nucléaire et la décapsidation du VIH. Nous avons récemment identifié un signal de localisation nucléaire atypique dans la capside du VIH-1 qui est reconnu par la Transportine-1 pour accompagner les capsides du VIH-1 à travers les NPC. Nous développons actuellement des inhibiteurs d’interaction Transportine-1/capside qui agissent comme des antiviraux spécifiques de l’import nucléaire avec une efficacité élevée et une faible toxicité.
Projet 2 : Contrôle de la réponse immunitaire innée à l’infection grippale par RanBP2. RanBP2 est un composant des fibrilles cytoplasmiques des NPC. Nous avons déjà étudié son importance dans l’arrimage du VIH-1 au NPC ainsi que dans la modulation des fonctions de TRIM5α dans les cellules dendritiques. Nos recherches portent actuellement sur la façon dont RanBP2 module la production de cytokines pro-inflammatoires à la suite d’une infection par le virus Influenza A, et comment ce processus est perturbé dans la maladie génétique rare qu’est l’encéphalopathie nécrosante aiguë (ANE1).

L’équipe VTRIS:


L’équipe en Avril 2024
A l’arrière, de gauche à droite: S. Nisole, G. Beucher, I. Bribes, R. Gaye, S. Desgraupes, M. Gonzalez, M. Seite, A. Decorsière. A l’avant, de gauche à droite: J. Zoladek, S. Perrin, M. Cannac, N. Arhel


L’équipe en Avril 2023

De gauche à droite: S. Nisole, T. Léocadie, A. Decorsière, S. Perrin, E. Quevarec, C. Fournie, S. Desgraupes, N. Arhel, I. Bribès, B. Gouy, J. Zoladek.


L’équipe en Mars 2022
De gauche à droite: N. Arhel, E. Arsac,S. Nisole, P. Gonin, A. Decorsière, M. Cartron, A. Vidal, A. Boulay, J. Zoladek, C. Chamontin.


L’équipe en Mars 2021
De gauche à droite: C. Chamontin, N. Arhel, S. Nisole, M.F. Martin, H. Abiven, G. Maarifi, J. Fernandez, P. Nouaux, E. Gerber-Tichet, A. Boulay, Q. Hertel, F. Blanchet.

Responsable

Nathalie J Arhel

Directrice de Recherche CNRS
Professeure invitée à l’Université McGill

EN BREF

L’équipe VTRIS a été créée au 1er janvier 2017, suite à un appel d’offres international lancé par l’IRIM. Elle bénéficie depuis sa création du soutien du labex EpiGenMed.

Financements

           

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