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Article publié dans Leukemia

Le travail de Jean-Marie PELOPONESE publié dans Leukemia (IF=11.7) : comment le virus de la leucémie T humaine de type 1 détourne la machinerie traductionnelle afin d’induire la prolifération du lymphocyte T infecté (Terol et al, 2017)

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La leucémie à cellules T de l’adulte ou ATL (Adult T-cell Leukemia) se développe suite à l’établissement d’une infection chronique par le virus de la leucémie T humaine de type 1 ou HTLV-1 (Human T-cell Leukemia Virus type 1). Quatre formes cliniques peuvent se succéder au cours du développement de l’ATL. La forme chronique présente des signes cliniques peu sévères. La forme subaigüe dite « smouldering » (rampante) se caractérise par des lésions cutanées et un faible taux de cellules leucémiques circulantes. Ce taux augmente considérablement dans la forme aiguë et est associé à une lymphoadénopathie, une hépatomégalie, une splénomégalie, des lésions cutanées dues à l’infiltration de cellules tumorales et dans certains cas une hypercalcémie. Enfin, la forme lymphomateuse se différencie de la forme leucémique par la présence des cellules transformées au niveau des organes lymphoïdes et non pas dans la moëlle osseuse. Dans les Antilles françaises, 20-30 cas par an sont diagnostiqués mais ce chiffre est probablement en-dessous de la réalité vu la médiane de survie très faible pour les formes aiguës qui ne dépasse pas 6 mois sans traitement. En cas de traitement, la survie maximum attendue n’est que de 15-25% à 5 ans, un des pronostics le plus sombre de l’ensemble des lymphomes malins non hodgkiniens T périphériques.

Jean-Marie PELOPONESE, chef de projet dans l’équipe « Acteurs de la Pathogenèse des Infections Rétrovirales », a montré que la protéine virale HBZ (HTLV-1 bZIP factor) induisait dans les cellules T l’expression d’une isoforme de JunD appelée delta-JunD. L’ARNm de JunD ne possède pas d’intron mais est quand même capable de produire deux isoformes, produites à partir de deux ATG initiateurs différents (voir la figure). La forme la plus courte, delta-JunD, ne possède plus la région N-terminale de JunD impliquée dans l’interaction avec la Ménine, protéine cellulaire connue pour être un suppresseur de tumeur. Dans l’article, il est montré, qu’à la différence de JunD, l’isoforme delta-JunD induit la prolifération et la transformation cellulaires. HBZ induit la production de l’isoforme oncogénique de JunD en bloquant l’expression de la protéine ribosomale RPS25, composant de la petite sous-unité du ribosome. Ces travaux confirment le rôle primordial joué par HBZ dans le processus de transformation du lymphocyte T infecté en une cellule leucémique.


     
       

   

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